Pourquoi certaines personnes sentent l’énergie des autre, mais ignorent la leur?

Quand être constamment attentif aux autres nous fait oublier de nous écouter…

Tu entres dans une pièce et tu sens immédiatement que quelque chose ne va pas. Personne n’a encore parlé. Pourtant, tu remarques le changement de ton.

  • – Le visage un peu plus fermé.
  • – La tension entre deux personnes.
  • – L’humeur de ton conjoint.
  • – L’inconfort d’un collègue.

Tu sais parfois qu’une personne ne va pas bien avant même qu’elle te le dise, mais si je te demande maintenant: « Toi… Comment est-ce que tu te sens? » Est-ce aussi facile de répondre?

Pour certaines personnes, la réponse est non. Elles sont devenues extrêmement habiles à percevoir ce qui se passe autour d’elles, mais beaucoup moins à reconnaître ce qui se passe à l’intérieur.

À mon avis, ce phénomène mérite qu’on s’y attarde.

Être sensible aux autres ne signifie pas toujours être connecté à soi

Nous associons souvent l’intuition à notre capacité à percevoir les autres:

  • – Sentir une ambiance.
  • – Avoir un pressentiment.
  • – Détecter qu’une personne cache quelque chose.
  • – Ressentir qu’une situation n’est pas bonne pour nous.

Pourtant, il existe une autre partie de l’intuition dont on parle beaucoup moins, être capable de reconnaître ce qui se passe en soi:

  • – Qu’est-ce que je ressens?
  • – De quoi ai-je besoin?
  • – Est-ce que cette situation me convient?
  • – Est-ce que je suis fatigué?
  • – Est-ce que cette émotion m’appartient?
  • – Est-ce que je veux réellement dire oui?

Ces questions peuvent sembler simples, mais certaines personnes ont passé tellement de temps à observer leur environnement qu’elles ont appris à se placer elles-mêmes en dernier.

Quand observer les autres devient un réflexe

Imagine un enfant qui grandit dans un environnement imprévisible. Il peut apprendre à observer très attentivement ce qui se passe autour de lui:

  • – Quel visage fait maman aujourd’hui?
  • – Est-ce que papa est de bonne humeur?
  • – Est-ce que je peux parler maintenant?
  • – Est-ce que quelqu’un va se fâcher?
  • – Est-ce que je dois me faire petit?

Avec le temps, cette attention constante à l’environnement peut devenir automatique.

Chez certaines personnes ayant vécu des situations difficiles, on parle notamment d’hypervigilance: un état d’alerte accru dans lequel la personne surveille davantage son environnement à la recherche de signes potentiels de danger.

Cela ne signifie évidemment pas que toute personne intuitive ou hypersensible a vécu un traumatisme, mais chez certaines personnes, cette capacité à «sentir tout le monde» peut aussi avoir été renforcée par leur histoire.

Relations toxiques: quand on apprend à surveiller plutôt qu’à ressentir

Le même phénomène peut parfois apparaître dans certaines relations difficiles ou marquées par la violence psychologique. On apprend à observer l’autre..

  • – Son ton de voix.
  • – Ses réactions.
  • – Ses silences.
  • – Son humeur.

On anticipe pour éviter le conflit, on adapte notre comportement, on cherche constamment à savoir ce que l’autre ressent.

À force de se demander: « Comment est-ce qu’il va réagir? », on peut finir par oublier une autre question: «Comment est-ce que je me sens, moi, dans cette relation?»

Il est important de préciser qu’être attentif aux émotions des autres ne permet pas, à lui seul, de conclure qu’une personne a vécu un traumatisme ou une relation toxique. Ce sont simplement des pistes qui peuvent aider certaines personnes à mieux comprendre leur propre fonctionnement.

Je vous recommande d’ailleurs de faire appel à des spécialistes pour vous aider à sortir de ce type de relation, pour trouver de l’aide ou pour vous faire diagnostiquer.

Et la neurodivergence?

Certaines personnes neurodivergentes décrivent également une grande sensibilité à leur environnement, aux changements, aux stimuli ou aux émotions des autres. Par contre, la neurodivergence regroupe des réalités très différentes et chaque personne vit son expérience à sa manière.

Il serait donc beaucoup trop simple de dire: «Tu ressens beaucoup les autres parce que tu es neurodivergent.»

Ce n’est pas ainsi que ça fonctionne. En général, il faut un diagnostique clinique effectué par une neuropsychologue au Québec pour être reconnu comme neurodivergent.

L’histoire personnelle, l’environnement, la personnalité, les expériences vécues et plusieurs autres facteurs peuvent influencer notre façon de percevoir ce qui nous entoure.

L’objectif n’est pas de se coller une étiquette, c’est de commencer à observer comment nous fonctionnons.

Hypersensibilité ou intuition?

C’est probablement la question que plusieurs se posent: «Comment savoir si ce que je ressens vient de mon intuition ou simplement de ma sensibilité?»

Il n’existe pas toujours une réponse immédiate et justement, développer son intuition ne consiste pas à interpréter chaque émotion, sensation ou impression comme un message.

Cela demande de l’observation, du recul, de l’expérimentation et surtout, une meilleure connaissance de soi.

Plus tu apprends à reconnaître ton propre état intérieur, plus il devient facile de remarquer lorsqu’une sensation inhabituelle apparaît. Autrement dit, avant de vouloir comprendre toutes les énergies autour de toi, il peut être utile d’apprendre à reconnaître la tienne.

Commence par revenir à toi

Tu peux essayer un exercice très simple! Avant d’entrer dans un endroit où plusieurs personnes seront présentes, arrête-toi quelques secondes. Demande-toi: Comment est-ce que je me sens maintenant?

Observe:

  • – ton niveau d’énergie;
  • – tes émotions;
  • – les sensations dans ton corps;
  • – ton état mental;
  • – ton niveau de tension;
  • – ce dont tu as besoin.

Puis refais l’exercice après la rencontre: Qu’est-ce qui a changé?

L’objectif n’est pas de conclure immédiatement que tu as «absorbé l’énergie» de quelqu’un… Il s’agit simplement d’apprendre à observer ton propre état avec autant d’attention que tu observes celui des autres.

Avec le temps, tu peux commencer à reconnaître certains patterns.

Développer son intuition commence aussi par soi

C’est une dimension importante de ce que j’enseigne dans Activons vos dons.

Oui, nous explorons l’intuition, nous travaillons les ressentis et différentes pratiques, mais développer son intuition ne consiste pas uniquement à devenir meilleur pour percevoir les autres.

Il faut aussi apprendre:

  • – À revenir à soi
  • – À reconnaître ce que l’on ressent.
  • – À observer ses réactions.
  • – À différencier progressivement ses peurs, ses pensées, ses émotions et ce que l’on identifie comme ses perceptions intuitives.
  • – Et surtout, à développer suffisamment de confiance pour écouter ce qui se passe à l’intérieur.

Et si la prochaine personne que tu apprenais à ressentir c’était toi?

Tu n’as pas besoin d’arrêter d’être sensible aux autres. Cette sensibilité peut faire partie de toi, mais tu mérites aussi de t’accorder la même attention que celle que tu offres constamment aux personnes qui t’entourent.

Parce que développer son intuition, ce n’est pas seulement apprendre à mieux percevoir le monde extérieur… C’est aussi réapprendre à se percevoir soi-même.

Si tu souhaites explorer ton intuition, limiter l’impact des émotions des autres sur toi et apprendre à mieux comprendre tes ressentis; ce programme te permet d’avancer à ton rythme grâce à des enseignements, des exercices et des pratiques guidées accessibles en ligne.

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